08.12.2017, 00:01  

Petits commerçants au grand cœur

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 08.12.2017, 00:18   Petits commerçants au grand cœur

COLOMBIER Ce vendredi soir, il fera bon flâner aux nocturnes du village.

Depuis cinq ans, Colombier NE fait plus cavalier seul. Le village de plus de 5000 habitants est devenu la «capitale» de la commune de Milvignes (Colombier, Bôle, Auvernier). Avec la caserne, le centre de formation de la police, le Centre professionnel des métiers du bâtiment (CPMB), le centre scolaire régional Cescole, Colombier attire chaque jour sur son territoire des...

Depuis cinq ans, Colombier NE fait plus cavalier seul. Le village de plus de 5000 habitants est devenu la «capitale» de la commune de Milvignes (Colombier, Bôle, Auvernier). Avec la caserne, le centre de formation de la police, le Centre professionnel des métiers du bâtiment (CPMB), le centre scolaire régional Cescole, Colombier attire chaque jour sur son territoire des centaines de personnes.

Pour autant, ce village n’a pas perdu ce qui guette toutes les petites communes en voie d’urbanisation: la fin de l’économie de proximité. Au contraire, à Colombier, les petites enseignes font mieux que survivre. Rassemblées pour la plupart le long d’un axe unique, la rue du Château et la rue Haute, elles offrent une variété sans doute unique loin à la ronde (lire l’encadré ci-dessous).

Certes, relève Anne Jeanneret, patronne de la pharmacie et présidente de l’Association des commerçants (ACC), le commerce de détail a subi la même mutation qu’ailleurs: l’alimentation a presque déserté le village. C’est désormais les deux géants oranges qui assurent cette fonction. Pour le pain quotidien artisanal, il reste quatre boutiques, dont deux ont pignon sur rue le long de l’axe commerçant central. Le secteur de la boucherie-charcuterie a succombé, et il ne subsiste plus qu’une seule épicerie.

Coop et Migros n’ont cependant pas fait de Colombier un désert. Le long de l’axe central que nous avons visité, nous n’avons repéré qu’une seule vitrine vide.

«Deux locaux sont restés vides durant quelques mois», glisse Anne Jeanneret. «Mais jusqu’ici, chaque fois qu’une enseigne meurt, une autre prend sa succession.» Ainsi, un traiteur a récemment remplacé la boucherie disparue.

Le dynamisme colombin n’a donc rien d’une légende, se réjouit le président de la commune de Milvignes, Grégory Jaquet (lire l’encadré ci-dessous à droite).

Pour fédérer les énergies, développer des projets et se soutenir entre eux, les commerçants se sont regroupés au sein de l’ACC. Au dernier pointage, l’association compte 33 membres cotisants (500 fr. par an). La majorité d’entre eux participent ce soir aux Nocturnes (voir Info+). Et les non-membres sont les bienvenus, précise Anne Jeanneret.

Sans prétendre à l’exhaustivité, nous avons rencontré quatre commerçants (lire ci-contre). Ils partagent tous ce sentiment de vivre dans un Environnement favorable, même si aucun ne roule sur l’or.

Anne Jeanneret en est convaincue: «Le commerce de détail indépendant peut survivre s’il ne s’endort pas sur ses lauriers. Il doit faire la différence dans le service, l’accueil des clients, qui apprécient de ne pas être considérés comme des numéros.» Cet «accueil personnalisé», c’est «l’atout majeur» du petit commerce. Reste à «le faire connaître», tâche à laquelle s’attelle, entre autres, l’ACC.

«On pourrait passer sa vie dans la commune»

Le 31 décembre prochain, la commune de Milvignes fêtera son cinquième anniversaire. Le président du Conseil communal, Grégory Jaquet, croit dur comme fer aux atouts de sa commune. «Nous avons des crèches, des structures de formation, des logements bon marché et d’autres pour les gens aisés.» Sans compter la richesse et la variété des commerces et entreprises répartis sur son territoire. «Avec tout qu’offrent nos trois villages, on pourrait parfaitement passer sa vie entière dans notre commune», plaisante le conseiller communal.

Pour favoriser la vitalité du commerce local, «le Conseil communal entend être à l’écoute bienveillante des initiatives des petits commerçants.» La commune se veut proactive: «Quand ils sont venus nous trouver avec un projet de marché une fois par mois, nous leur avons dit’OK, mais faites-le chaque semaine’. Ce marché n’a pas trouvé sa clientèle, mais cela n’empêchera pas de refaire une tentative.» La volonté politique est là. Reste à la traduire en actes. «Car des fois nous sommes bons, d’autres fois, moins.» La commune entend «limiter les tracasseries administratives et rendre rapidement ses décisions.» Elle va aussi «mettre en place une politique d’achat qui favorise au maximum le tissu économique local.»

Sans pour autant diaboliser les deux grandes surfaces qui se disputent les clients sur l’axe menant à Bôle et au Val-de-Travers. «Elles sont complémentaires à l’offre locale, davantage qu’en concurrence», juge-t-il. En revanche, «le magasin de la station-service à deux pas de la sortie de l’autoroute attaque directement le créneau occupé par l’épicerie du village.»

Milvignes à «la chance de pouvoir s’appuyer sur trois centres de village, Colombier, Bôle et Auvernier», relève le président. Gérant ces trois centres, les autorités peuvent agir de manière cohérente, se réjouit-il. Ainsi, «nous avons désormais instauré trois zones de rencontre (réd: 20km/h, priorité aux piétons). Nous allons maintenant en terminer l’aménagement. Nous pourrons aussi appliquer une politique de stationnement unifiée.»

La force de la commune unique est aussi son poids politique: «Nous nous battons ouvertement contre la politique de fermeture des bureaux de poste. Car sans services publics, nous ne pourrons pas sérieusement proclamer ce qui pourrait devenir notre slogan: ‘Milvignes, villages vivants’.»

INFO +

Nocturnes:

Ce soir, de 18h à 21h, rue du Château et rue Haute sont fermées à la circulation. La quasi-totalité des commerces sont ouverts et occupent un bout de chaussée. Parkings: Migros, tram, collège des Mûriers. En plus des restaurants, deux food-trucks seront présents.

trente-trois magasins sur 350 mètres

Du Castle Pub à la pharmacie (voir carte ci-dessous), nous avons repéré 33 enseignes actives, dont la majorité sur la gauche (au sud, donc). En moyenne, cela fait presque une tous les dix mètres. Il y a six établissements publics – présence de la caserne oblige – quatre salons de coiffure, deux boulangeries, deux boutiques pour les soins corporels, deux pour la déco, deux kiosques. La suite (dans le désordre) ressemble à un inventaire à la Prévert: mercerie, épicerie, habillement, agence de voyage, blanchisserie, librairie, quincaillerie, bijouterie, laine, traiteur, tapissier-décorateur, optique, Musique et partitions, magasin pour animaux.

contexte

Au sein de Milvignes, Colombier occupe une place à part. Le village, poids lourd démographique de la commune, fonctionne comme un centre urbain. En même temps, il a conservé quelque chose de villageois. Alors que, partout, les petits commerces périclitent, à Colombier, ils restent très nombreux et dynamiques. Rencontre avec quelques-uns des acteurs de cette exception.


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