08.12.2017, 00:01  

«L’immobilisme» menace les finances

Abonnés
chargement
1/4  

 08.12.2017, 00:18   «L’immobilisme» menace les finances

LE LOCLE Si on continue dans la tendance actuelle, dans quatre ans, le budget donnera le vertige.

On se serait cru dans un film d’anticipation de mauvais augure, mercredi soir, au Conseil général du Locle. L’heure était aux chiffres, ceux du budget 2018, avec des prospections jusqu’en 2021.

«Si nous continuons dans la tendance actuelle, sans agir et prendre de mesures sérieuses, dans quatre ans, au lieu des 40 ...

On se serait cru dans un film d’anticipation de mauvais augure, mercredi soir, au Conseil général du Locle. L’heure était aux chiffres, ceux du budget 2018, avec des prospections jusqu’en 2021.

«Si nous continuons dans la tendance actuelle, sans agir et prendre de mesures sérieuses, dans quatre ans, au lieu des 40millions de fortune à fin 2016, nous n’en aurons plus que 14. Et la dette aura quant à elle gonflé de 88 à 153millions.» Au moment d’articuler ces montants, Claude Dubois (PLR), le responsable des finances de la Mère-Commune, dit à quel point il est «impressionné. Ces chiffres me donnent le vertige, je vous l’avoue.»

Si l’on résume sa pensée, le corps politique loclois doit trouver, déjà maintenant, vite et efficacement, des solutions pour faire entrer de l’argent. Et aussi économiser.

Cadeau un poil salé

Il évoque alors les 121 000 francs que la crèche communale de l’Etoile continuera de percevoir (voir notre édition d’hier). Pour rappel, mercredi soir, lors de la séance du Conseil général consacrée au budget 2018, le rapport sur sa fermeture n’a finalement pas été soumis au vote du législatif. Devant un parterre de parents et le personnel de la crèche, l’exécutif a en effet décidé de continuer à soutenir la structure d’accueil de la petite enfance. Ah, la magie de Saint-Nicolas...

«Alors clairement, ce n’était pas ces 121000francs en moins dans le budget 2018 qui auraient réglé le problème. Mais nous aurions déjà contenu un peu le déficit. Car à notre stade, il n’y a pas de petites économies.» Il craint que ce renoncement à l’économie de 121 000 francs ne soit un présage «de l’immobilisme à venir. C’est bien ce sentiment que j’ai quand même eu lors de cet épisode. J’ai souci que chaque mesure d’épargne que l’exécutif proposera ne rencontre systématiquement des réticences de la part des personnes concernées.»

Attirer du monde au Locle

Il aimerait observer davantage de consensus entre les groupes, de droite et de gauche, du législatif. «C’est ce qui est nécessaire pour avancer sur le chemin des économies et recettes à trouver.Sans cet accord, ça va être assez compliqué.»

Avec 5,4 millions de déficit, et avant une ponction de 820 000 francs sur la réserve conjoncturelle, il restait une réserve de 4,5 millions à la Mère-Commune. «Un bon dixième de sa fortune. Nous avons veillé du mieux possible à la garder.»

Du côté des recettes à faire rentrer pour redresser la barre, la mesure la plus urgente à ses yeux est d’attirer au Locle de nouveaux habitants. «D’où l’importance par exemple de remplir les conditions-cadres pour que soient levées les oppositions déposées aux Malpierres. Ceci afin de faire avancer le projet d’habitations.» Et bien sûr il espère une amélioration de la conjoncture. «Même si on ne reviendra plus de sitôt aux belles années.»

Il retourne alors aux économies urgentes et nécessaires à faire. Il ose évoquer quelques pistes (lire ci-dessous). En précisant qu’il ne fait que de les évoquer. Et il tire la sonnette d’alarme. «Si en 2021, on se retrouve avec une fortune à 0, on court le risque de se voir imposer par le canton un mécanisme automatique d’augmentation des impôts.»

Et là, il n’y aura plus de choix. «La Ville du Locle est fragilisée, car elle n’est pas à l’abri d’une hausse des taux d’intérêt sur l’argent emprunté, des reports de charges de l’Etat ou de la redistribution des cartes liée à la péréquation des charges communales.»

Quelques pistes évoquées sans vouloir forcément bousculer l’échiquier

Aux yeux de Claude Dubois, conseiller communal en charge des finances au Locle, il est capital de passer en revue les prestations fournies par la Ville. Notamment en les comparant à celles dispensées par les autres communes. «Afin de regarder, sans pression, si nous aussi pouvons nous en passer. Ou pas...» Là, il prend des pincettes, car il s’agirait juste d’évoquer des pistes qu’il faudra, selon lui, inévitablement étudier.

Il cite alors «l’exemple de la Musique scolaire au Locle. Qui représente environ 280 000 francs par an. Dans le canton, aucune commune ne soutient pareillement un corps de musique. L’offre alternative serait le Conservatoire. Qu’est-ce qu’on en pense? C’est une question qu’on devra oser se poser.» Et il précise à nouveau qu’il ne fait qu’évoquer des hypothèses, en brossant des pistes, «et uniquement des pistes», pour se lancer dans une liste, à bâtons rompus. Et il continue son énumération. Il évoque ensuite les 470 000 francs consacrés aux allocations de Noël et aux allocations complémentaires communales, «un plus pour celles et ceux qui touchent trop peu de rentes et prestations AVS/AI». L’exécutif dit n’avoir aucune intention de fragiliser encore plus les personnes en situation précaire. «Nous sommes l’une des dernières, voire la dernière commune du canton à en distribuer. C’est une prestation historique. Toutefois, là aussi, nous pouvons nous interroger quand même. Comment font les Chaux-de-Fonniers et Neuchâtelois en situation difficile?»

Il rappelle alors que 470 000 francs équivalent à peu près à l’augmentation d’un point d’impôt, et qu’«avec quatre points en plus, on arrive à quelque 1,6 million de recettes». Et il salue alors la commune des Brenets, qui a réussi à faire accepter une hausse d’impôt à sa population.


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top