08.12.2017, 00:01  

«Pourquoi croyez-vous que je peigne correctement?»

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Ivan Moscatelli posant devant son cercueil, une œuvre inédite!

 08.12.2017, 00:18   «Pourquoi croyez-vous que je peigne correctement?»

Par camille pellaux

RENCONTRE Coup double pour Ivan Moscatelli qui expose chez Jonas et à 2016.

Le prolifique et volubile artiste réalise un tour de force et présente deux expositions distinctes dans les galeries Jonas et 2016. Rencontre dans son atelier à Wavre.

«J’ouvre deux expositions simultanées dans deux galeries différentes, (...) ça ne s’est jamais vu, de mémoire d’homme, qu’un artiste expose dans deux endroits en même temps avec deux calligraphies complètement différentes...»

Ivan Moscatelli...

Le prolifique et volubile artiste réalise un tour de force et présente deux expositions distinctes dans les galeries Jonas et 2016. Rencontre dans son atelier à Wavre.

«J’ouvre deux expositions simultanées dans deux galeries différentes, (...) ça ne s’est jamais vu, de mémoire d’homme, qu’un artiste expose dans deux endroits en même temps avec deux calligraphies complètement différentes...»

Ivan Moscatelli jubile, un brin excessif, de ce coup qui consacre sa production pléthorique dans ces galeries reconnues «de la banlieue de Neuchâtel».

Régulièrement décrié pour sa démarche iconoclaste, son exubérance ou sa propension à réaliser des expositions comme s’il effectuait un casse dans le milieu de l’art contemporain, ce n’est pas avec cette double scénographie, ici de peintures figuratives, là d’abstractions géométriques, que l’artiste ne cessera de provoquer le trouble.

«L’art, ça tue!»

Un plan marketing? Une dispersion suicidaire? De la boulimie artistique? Ou plus simplement le besoin de vivre, de mettre «le pain sur la table» et surtout de laisser libre cours à «la passion de quelqu’un qui a appris à travailler avec ses mains sans demander de devenir un descendant des dieux de l’Olympe»?

Volontiers gesticulant, illustrant par de grands mouvements de bras l’histoire d’une famille italienne révolutionnaire et résolument communiste, Moscatelli tranche dans le vif, par cette main qui a besoin de faire, de façonner méthodiquement les fulgurances qui agitent un esprit orienté pratique et efficacité. Quitte à se fatiguer complètement dans l’acte, à y perdre la vie. Car la mort hante la vie de l’artiste, en témoigne son cercueil pop-provocateur, tout de strass et de paillettes, une œuvre inédite désacralisant une vie hantée par le déracinement et les cicatrices de nombreuses souffrances.

L’exil et la mort

Ce faisant, il dévoile une autre facette de son caractère: le désir de tout contrôler, un trait facilement décelable dans une partie de ses travaux et pour qui visite son atelier, une évidence. Expatrié en Suisse de son Italie natale à 15 ans, il constate que «le fait de vivre seul l’a forcé à être ordré» et à devenir autonome. Il commence alors à vivre de multiples «petits boulots» et notamment du métier de boulanger dont il tirera, des années plus tard, son goût pour des tourtes coquines qui avaient fait grand bruit en 2004. Cette faculté d’adaptation, il la revendique comme le signe patent de son succès dans le milieu de l’art, construit «à 70% à l’étranger».

Certains trouveront que cette intelligence n’a qu’une visée commerciale, il n’en demeure pas moins qu’Ivan Moscatelli séduit un large public et ne se cache nullement des coups, marketing ou non, qui font son histoire et sa réussite professionnelle.

Retour à la figuration

En ayant «eu la chance de gagner une certaine crédibilité assez tôt», l’artiste a pu oser, audacieux et malicieux, et il ose encore avec cette double exposition. Pour les amateurs de son travail figuratif, dévoyé de son penchant pour les portraitistes, il faudra donc se rendre à la Galerie 2016 et lui demander s’il peint correctement!

Quant à ses œuvres et objets d’abstraction géométrique, c’est à Cortaillod, chez Jonas, qu’elles séjournent.

Petit-Cortaillod: Galerie Jonas, «Peintures et objets», jusqu’au 17 décembre.

Hauterive, Galerie 2016, «Pourquoi croyez vous que je peigne correctement?», jusqu’au 20 janvier.


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